Ăpinard đł#55 - Pas de biodiversitĂ©, pas de chocolat
Pas de chocolat, pas de chocolat...đ«
Hello đł
Avant de commencer cette Ă©dition, je vous souhaite une belle annĂ©e 2025. Quâelle soit remplie de beaux projets et dâinvestissements vertueux.
Aujourdâhui, on va parler de biodiversitĂ©.
Pendant que les politiques du monde entier se livrent au concours du plus WTF, il reste les entreprises et nous les citoyens pour agir.
Et justement quand on veut agir pour lâenvironnement, on sort les chiffres et les calculs pour mesurer lâempreinte carbone et les Ă©missions de gaz Ă effet de serre.
En oubliant (trop souvent) les impacts sur les écosystÚmes qui nous entourent.
Et mĂȘme si je vais vous parler de la 6e extinction de masse (gloups), on va aussi voir les solutions Ă mettre en place pour Ă©viter de terminer comme les dinosaures.
PS : đ„đŽCe mercredi 15 janvier, on se retrouve Ă 12h pour un webinaire avec Enerfip portant sur les enjeux et les opportunitĂ©s 2025 autour des Ă©nergies renouvelables.
Par ici pour sâinscrire.
Letâs Go !
Gaël
đ Tu connais quelqu'un qui devrait lire cet article ? Partager
On t'a partagé cet article ? Abonne-toi maintenant
Quâest-ce que la biodiversitĂ© ?
LâOffice Français de la BiodiversitĂ© explique le concept comme ceci :
La biodiversitĂ© dĂ©signe lâensemble des ĂȘtres vivants ainsi que les Ă©cosystĂšmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend Ă©galement les interactions des espĂšces entre elles et avec leurs milieux.
Câest donc la variĂ©tĂ© de vie sur Terre qui existe sous toutes ses formes comme en atteste le terme qui vient de la contraction de âdiversitĂ© biologiqueâ.
Concept nĂ© dans les annĂ©es 1980, câest la Convention sur la DiversitĂ© Biologique qui sâest tenue en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, qui a reconnu pour la premiĂšre fois lâimportance du tissu vivant pour lâensemble de lâhumanitĂ©.
En effet, sans biodiversitĂ© on nâest pas grand-chose et la Terre serait difficilement vivable.
Câest grĂące Ă elle que lâon a :
de lâoxygĂšne
de la nourriture
de lâeau potable
Mais, elle nous fournit également :
Des matiĂšres premiĂšres et des ressources (que lâon utilise Ă outrance, dâoĂč le problĂšme aujourdâhui).
Des protections contre les risques environnementaux comme les inondations, les sécheresses, etc.
Bref, la biodiversité se trouve tout autour de nous.
Et oui, ce ver de terre au fond du potager ça compte.
Tu bosses dans une entreprise qui change le monde et qui mérite de se faire connaßtre ?
Devient un sponsor dâĂpinard đłen rĂ©pondant ici.
Ensemble, on peut faire grandir cette aventure
đUn constat⊠alarmant
Pourquoi ai-je dĂ©cidĂ© de commencer lâannĂ©e avec ce sujet ? #GoodVibes
Le constat est clair : on entre dans la 6e extinction de masse, ou lâĂšre de lâAnthropocĂšne si vous prĂ©fĂ©rez.
Difficile de fermer les yeux sur le fait que les écosystÚmes naturels et vivants autour de nous sont en train de changer/disparaßtre.
Or 80 % des impacts sur la biodiversité sont liés à des usages humains.
Bien évidemment, les impacts humains ont toujours existé.
Mais câest lâimportance accrue de lâimpact et le rythme de disparition des espĂšces qui sont aujourdâhui alarmants.
Ătat des lieux
Je vous parle de la 6e extinction de masse, mais je ne tire pas cette information de mon chapeau.
Du 29 avril au 4 mai 2019, 130 expert·es mondiaux de lâIPBES (Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la BiodiversitĂ© et les Services ĂcosystĂ©miques) se sont rĂ©uni·es Ă Paris pour faire un rapport sur lâĂ©tat mondial de la nature. Câest un peu le GIEC de la biodiversitĂ©.
Ce rapport du 6 mai 2019 est venu bousculer le monde scientifique.
Et a provoquĂ© une prise de conscience collective quant Ă lâimportance du sujet.
Ils et elles mettent en avant que :
1 million dâespĂšces animales et vĂ©gĂ©tales (sur les 8 millions estimĂ©es) sont menacĂ©es. Et câest sans compter les espĂšces non dĂ©couvertes et inconnues.
Cela concerne 40 % des amphibiens et 33 % des récifs coralliens.
Selon WWF, au cours des 50 derniÚres années (1970 - 2020) :
Les populations de vertébrés sauvages ont en moyenne décliné de 73 %
Les populations dâespĂšces dâeau douce ont dĂ©clinĂ© de 85 %
Pour les espĂšces terrestres cela tourne autour de 69 %
Et pour les espÚces marines, ce déclin se situe autour de 56 %
Ces chiffres font froid dans le dos.
Effet domino en vue
Le dĂ©clin de la biodiversitĂ© nâest pas du tout linĂ©aire. Et câest important de le comprendre parce que tout est liĂ©.
Ainsi, si les abeilles disparaissent, on peut clairement dire que lâhumanitĂ© aussi. Car moins de pollinisation > moins de vĂ©gĂ©taux, de fruits, de lĂ©gumes > moins dâalimentationâŠ
Bref, vous voyez lâidĂ©e.
Un petit Ă©cosystĂšme qui sâeffondre peut faire tomber un plus grand Ă©cosystĂšme qui en dĂ©pend. Ces transformations Ă premiĂšre vue petites et progressives ont des effets qui se cumulent et qui peuvent accĂ©lĂ©rer le changement.
La perte de la biodiversitĂ© a et aura des impacts chiffrĂ©s considĂ©rables car de nombreux services rendus par la nature, qui sont âinvisiblesâ, devront ĂȘtre remplacĂ©s par des actions humaines.
Pour revenir sur lâexemple des abeilles :
Les services de pollinisation par les insectes sont Ă©valuĂ©s Ă environ 235 Ă 577 milliards de dollars par an selon lâIPBES.
Cela coĂ»te environ 300 Ă 500 dollars/hectare de polliniser manuellement les champs dâarbres fruitiers dans certaines rĂ©gions en Chine oĂč les abeilles ont dĂ©jĂ disparu.
La perte de la biodiversitĂ© a donc un impact dans notre quotidien, mais aussi sur lâĂ©conomie.
Lâironie ultime : pour les Ă©conomistes qui nous lisent, câest une bonne nouvelle puisque cela augmentera le sacro-saint PIB.
Dans les dents les dĂ©croissantistes !đ
đDâoĂč vient la perte de biodiversitĂ© ?
Des humains, principalement.
Voici les 5 facteurs qui sont responsables de la perte de biodiversité.
01 - La destruction des habitats
Entre lâurbanisation, lâagriculture intensive, la dĂ©forestation ou la modification des milieux naturels, les Ă©cosystĂšmes et la biodiversitĂ© qui sây trouvent diminuent ou disparaissent complĂštement.
Lâartificialisation des sols avec de nouvelles constructions, comme des habitations ou un barrage qui modifie un cours dâeau et dĂ©truit les Ă©cosystĂšmes prĂ©sents.
Ainsi, en France, on artificialise entre 20 000 et 30 000 hectares dâespaces naturels, agricoles et forestiers chaque annĂ©e. Ce rythme sâest accĂ©lĂ©rĂ© Ă tel point quâil se produit 4 fois plus vite que lâaugmentation de la population.
02 - La surexploitation des ressources naturelles
Ce nâest pas une surprise, la surexploitation des ressources, que ce soit pour des matiĂšres premiĂšres (comme le bois) ou pour lâalimentation, nuit gravement aux Ă©cosystĂšmes et au renouvellement de la biodiversitĂ© qui sây trouve.
Par exemple, malgrĂ© les rĂ©formes europĂ©ennes de 2014, 40 % des stocks de poissons exploitĂ©s en France ne le sont pas de maniĂšre durable. LâĂ©quilibre de lâĂ©cosystĂšme marin est chamboulĂ© et les espĂšces de plus en plus rares.
03 - La pollution de lâair, de lâeau et des sols
La pollution liĂ©e au plastique, aux pesticides, aux sons et mĂȘme Ă la lumiĂšre impacte fortement tous les Ă©cosystĂšmes vivants, que ce soit en mer ou dans le sol.
LâocĂ©an est littĂ©ralement en train dâĂ©touffer sous le plastique avec 8 millions de tonnes dĂ©versĂ©es chaque annĂ©e. Ăa fait beaucoup.
04 - Les espĂšces invasives
On en parle plus rarement, mais les espĂšces invasives, câest-Ă -dire les animaux/insectes/vĂ©gĂ©taux qui vivent dans des rĂ©gions oĂč ils nâappartiennent pas peuvent trĂšs fortement impacter la biodiversitĂ©.
Introduites volontairement ou involontairement par les humains, ces espĂšces dĂ©truisent les animaux et les insectes les plus vulnĂ©rables. Elles contribuent Ă 60 % des extinctions connues Ă lâĂ©chelle mondiale.
Comment ?
En sâaccaparant les ressources.
En modifiant les milieux naturels.
En devenant des prédatrices pour les espÚces indigÚnes ou des ravageurs pour les cultures.
En étant porteuses de maladies.
05 - Le changement climatique
Avec lâaugmentation moyenne des tempĂ©ratures, le cycle de vie de certaines espĂšces est modifiĂ© et dâautres animaux doivent migrer car leur habitat naturel nâexiste plus et/ou ne rĂ©pond plus Ă leurs besoins.
Cela modifie donc la répartition géographique des espÚces et donc la chaßne alimentaire.
Par exemple :
14 % des rĂ©cifs coralliens ont disparu ce qui impacte lâoxygĂšne marin et lâĂ©cosystĂšme global.
Les migrations dâoiseaux se dĂ©calent ce qui fait que plusieurs espĂšces arrivent en retard sur leur site de reproduction, ce qui met en danger leur survie.
Certaines plantes fleurissent plus tĂŽt dans lâannĂ©e ce qui affecte les abeilles qui nâont plus le mĂȘme rythme.
â
Les pistes pour préserver la biodiversité
Comme pour le changement climatique, chaque action compte.
Il est encore possible dâagir et ce de trois maniĂšres diffĂ©rentes et complĂ©mentaires :
Restaurer et protéger.
Réduire les impacts.
Innover et âcollaborerâ avec la nature.
Restaurer les écosystÚmes
La crĂ©ation dâespaces protĂ©gĂ©s comme les sites Natura 2000, les Parcs Nationaux de France ou les Parcs Naturels Marins permettent de prĂ©server les Ă©cosystĂšmes.
à ce jour, il existe prÚs de 300 000 aires protégées dans le monde ce qui couvre :
16 % des terres de la planĂšte
8 % des océans
Ces chiffres doivent augmenter pour préserver la biodiversité.
Mais il faut avant tout replacer les intĂ©rĂȘts humains dans leurs Ă©cosystĂšmes, ils ne peuvent plus primer sur les territoires des animaux et de la flore.
Restaurer les Ă©cosystĂšmes ne peut se faire quâavec :
La reforestation et lâagroforesterie. Environ 2 milliards dâhectares dans le monde sont considĂ©rĂ©s comme reboisables sans affecter les terres agricoles ou urbaines.
La protection des zones humides et des récifs coralliens qui, eux, soutiennent environ 25 % des espÚces marines.
La conservation des sols et la lutte contre lâĂ©rosion.
Réduire les impacts
Notamment en questionnant lâagriculture et nos modes de vie.
Jâai dĂ©jĂ fait plusieurs Ă©ditions sur la question, mais la transition vers une agriculture biologique et durable est plus que nĂ©cessaire.
Le modĂšle actuel :
Détruit la biodiversité en utilisant 40 % des terres habitables.
Ăpuise les ressources en utilisant 70% des ressources en eau.
Modifie le climat car le secteur est responsable de 19% à 29% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
RĂ©duire les impacts, câest surtout repenser nos modes de vie et de consommation : rĂ©interroger ses besoins, tendre vers lâĂ©conomie circulaire etc
Innover avec des solutions fondées sur la nature.
Avec les solutions fondĂ©es sur la nature (SFN, ou NBS pour les anglophones), il sâagit dâutiliser les processus naturels pour rĂ©pondre aux dĂ©fis environnementaux, Ă©conomiques et sociaux tout en mettant la biodiversitĂ© et le bien-ĂȘtre humain au centre.
Lâobjectif principal est de travailler avec la nature, et non contre elle, en sâinspirant de son fonctionnement pour dĂ©velopper des approches durables.
Ces solutions se déclinent en 4 piliers :
Gérer
Créer
Protéger
Restaurer

Comment investir pour notre futur ?
MĂȘme sans le savoir, tes dĂ©cisions quotidiennes ont dĂ©jĂ un impact sur la biodiversitĂ©, alors pourquoi ne pas aller plus loin en investissant pour la protĂ©ger ?
Voici quelques pistes :
Dâabord, les Green & Blue Bonds : des obligations conçues pour financer des projets ayant un impact positif sur lâenvironnement.
Les Green Bonds : Ils servent Ă financer une large gamme de projets verts, comme les Ă©nergies renouvelables, lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, la gestion durable des ressources naturelles, ou encore les infrastructures pour lâadaptation au changement climatique. En pratique, cela peut aller de la construction de parcs Ă©oliens Ă la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique de bĂątiments. Ces obligations permettent aux investisseurs de soutenir directement la transition Ă©cologique tout en bĂ©nĂ©ficiant dâun rendement financier.
Les Blue Bonds : InspirĂ©s des Green Bonds, ils se concentrent sur les projets qui protĂšgent et restaurent les Ă©cosystĂšmes marins et aquatiques. Par exemple, ils peuvent financer la lutte contre la pollution plastique, la conservation des rĂ©cifs coralliens, ou encore des pratiques de pĂȘche durable. Ces obligations sont particuliĂšrement pertinentes pour les Ătats ou organisations qui dĂ©pendent fortement de lâĂ©conomie bleue, câest-Ă -dire des activitĂ©s liĂ©es aux ocĂ©ans et aux ressources aquatiques.
Autre exemple, les Rhino Bonds, qui financent directement la conservation des rhinocéros en Afrique.
Ensuite, dans ton allocation en actions, tu peux aussi envoyer un signal au marché en prenant en compte des critÚres liés à la biodiversité.
Ce nâest pas nencore trĂšs dĂ©veloppĂ©, mais des approches comme la mĂ©thode BIA, pour Biodiversity Impact Analytics, de Carbone 4 commencent Ă structurer le sujet et Ă pousser les investisseurs Ă intĂ©grer ces enjeux.Pour les plus engagĂ©s, financer directement des projets liĂ©s Ă la biodiversitĂ© peut ĂȘtre une option : agroĂ©cologie, reforestation, restauration des Ă©cosystĂšmes⊠Ces investissements peuvent se faire en direct ou via des fonds spĂ©cialisĂ©s qui se dĂ©veloppent peu Ă peu. Par exemple, la sociĂ©tĂ© Hummingbirds rĂ©alise rĂ©guliĂšrement des campagnes sur les plateformes de financement participatif.
Enfin, tout ça ne remplace pas une rĂ©flexion plus globale sur tes modes de vie. Parce que parfois, le meilleur investissement pour la biodiversitĂ©, câest peut-ĂȘtre juste de consommer moins ou diffĂ©remment. Oui, ça compte aussi !
Conclusion
Clairement, on attaque 2025 par la face nord avec cette édition sur la biodiversité.
Ce nâest pas le sujet le plus lĂ©ger mais avec les actualitĂ©s dĂ©biles loufoques du moment, je me dis quâun peu de sĂ©rieux, ça permet aussi de se rassurer.
On a du pain sur la planche, mais on sait oĂč aller !
Dis-moi si cette Ă©dition tâa plu đ
On se retrouve dans deux semaines pour une nouvelle édition.
PS 1 : Si tu souhaites ĂȘtre accompagnĂ©(e) dans tes investissements, rĂ©serve une consultation ici
PS 2 : Toutes les éditions précédentes sont dispos ici.
đ
GaĂ«l đł
â ïž Et pour finir : Je voudrais te rappeler quâici tu ne trouveras pas de conseils d'investissement ni de recommandations personnalisĂ©es. Ces informations sont impersonnelles, uniquement Ă but informatif et pĂ©dagogique et ne sont pas adaptĂ©es aux besoins d'investissement d'une personne spĂ©cifique.Tu dois aussi garder en tĂȘte quâinvestir dans des actifs cotĂ©s ou non cotĂ©s comporte un risque de perte partielle ou totale des montants investis ainsi qu'un risque d'illiquiditĂ©.Et enfin, le traitement fiscal dâun investissement dĂ©pend de la situation individuelle de chacun. Souviens-toi que les performances passĂ©es ne prĂ©jugent pas des performances futures.

