Ăpinard đł#71 - Lâarbre qui cache la valeur de la forĂȘt
Comment transformer carbone et biodiversité en valeur patrimoniale.
Hello đł
Parlons peu, parlons forĂȘts !
Câest le thĂšme de lâĂ©dition du jour !
Ou plutĂŽt des services que nous rendent les forĂȘts et de leurs valeurs pour nos sociĂ©tĂ©s.
Câest un avant-goĂ»t du webinar du mardi 14 octobre Ă 12h sur la forĂȘt.
Il y a dĂ©jĂ une centaine de participants donc si vous voulez nous rejoindre, câest le moment
Dâailleurs, ce nâĂ©tait pas prĂ©vu mais Guillaume de la newsletter Le Plongeoir a Ă©galement Ă©crit une newsletter sur ce thĂšme, il repose bien le contexte de lâĂ©puisement de nos forĂȘts au niveau mondial et des enjeux Ă venir.
Letâs Go !
Gaël
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On a trop souvent rĂ©duit la forĂȘt Ă deux colonnes comptables :
la valeur du foncier
et le prix du bois sur pied.
Une parcelle, quelques coupes (parfois rases), une replantation, et on recommence.
Mais la forĂȘt, câest aussi une alliĂ©e qui dans lâombre stocke du carbone, filtre notre eau, abrite la biodiversitĂ©.
Dâailleurs, ce nâest pas compliquĂ© 80% de la biodiversitĂ© terrestre vit en forĂȘt.
Ajoute à ça les loisirs, les champignons et les promenades dominicales, et tu comprends que le bois est presque un dĂ©tail dans lâhistoire.
La vraie rĂ©volution, câest de passer dâune vision comptable limitĂ©e Ă une vision systĂ©mique oĂč la forĂȘt nâest pas quâun stock de bois, mais un ensemble de services Ă©cosystĂ©miques.
Services écosystémiques
Définition : Bénéfices directs et indirects que les hommes retirent de la nature
1. La forĂȘt : bien plus quâun actif foncier
En France, 31 % du territoire est boisĂ© (17 millions dâhectares), une surface qui a doublĂ© en deux siĂšcles. LâEurope entiĂšre est couverte Ă 38 %, avec 160 millions dâhectares.
Elles sont dĂ©tenues Ă 75 % par des propriĂ©taires privĂ©s, souvent des familles, avec une surface moyenne de 3 hectares par parcelle. Le prix moyen de lâhectare de forĂȘt oscille entre 4 000 et 15 000 ⏠selon les rĂ©gions.
Chaque annĂ©e, les forĂȘts françaises sĂ©questrent environ 30 millions de tonnes de COâ.
Câest le premier puits de carbone en France.
Pourtant malgrĂ© lâaugmentation de sa surface, la forĂȘt française capte de moins en moins de CO2 annĂ©e aprĂšs annĂ©e.
La raison ? La hausse de la mortalité des arbres.
Pourquoi la forĂȘt a toujours attirĂ© les investisseurs ?
Historiquement, investir en forĂȘt, câĂ©tait acheter une parcelle, encaisser quelques revenus de bois (souvent avec des coupes rases suivies de replantations en monoculture), profiter dâune valorisation lente du foncier mais surtout bĂ©nĂ©ficier dâun rĂ©gime fiscal trĂšs avantageux.
La rentabilité annuelle ? Environ 1 à 2 % par an, surtout grùce aux revenus du bois.
Mais au-delĂ de ce rendement modeste, la forĂȘt offre une vraie diversification patrimoniale : un actif tangible, dĂ©corrĂ©lĂ© des marchĂ©s financiers.
Le tout avec un bonus fiscal : avantages fiscaux Ă lâacquisition, exonĂ©ration partielle dâIFI et enfin exonĂ©ration des droits de mutation lors de la succession (jusquâĂ 75 % via le dispositif Monichon).
2. Les services écosystémiques : un capital invisible
Un hectare de forĂȘt, ce nâest pas quâun stock de grumes : câest un agent Ă©cologique aux multiples services.
Parmi les principaux services des forĂȘts souvent citĂ©s :
Stockage du carbone : les forĂȘts sĂ©questrent le COâ atmosphĂ©rique dans la biomasse et les sols, contribuant Ă lâattĂ©nuation du changement climatique. Souvent en combinant la sĂ©questration dans les Ă©cosystĂšmes, lâeffet de substitution (bois Ă©nergie/matĂ©riaux) et le carbone stockĂ© dans les produits bois (construction, mobilier etc)
Dâailleurs si les coupes rases sont si nĂ©fastes, câest parce que 51% du carbone des forĂȘts sont stockĂ©s dans les sols, qui une fois misent Ă nu, les relĂąches.RĂ©gulation hydrique : les Ă©cosystĂšmes forestiers amĂ©liorent lâinfiltration et la qualitĂ© de lâeau, rĂ©duisant les coĂ»ts de traitement. Par exemple Ă Rennes, la ville a choisi de reboiser autour dâun captage, pour 0,04âŹ/m3 pompĂ©. Lâalternative Ă©tait de crĂ©er une interconnexion avec un autre rĂ©seau pour un surcoĂ»t Ă 1,5âŹ/m3.
BiodiversitĂ© : la forĂȘt offre un habitat Ă de nombreuses espĂšces (flore, faune, micro-organismes) et maintient des processus Ă©cologiques (formation des sols, pollinisation, cycle des nutriments). Une biodiversitĂ© Ă©levĂ©e rend lâĂ©cosystĂšme plus rĂ©silient et productif â par exemple, la diminution de la diversitĂ© peut ralentir la croissance forestiĂšre et donc le stockage de carbone.
PrĂ©vention des risques naturels : les forĂȘts protĂšgent contre les alĂ©as : limitation de lâĂ©rosion et des glissements de terrain par le couvert vĂ©gĂ©tal, attĂ©nuation des crues et inondations par la rĂ©tention dâeau, rĂŽle de pare-feu ou de brise-vent contre les tempĂȘtes, etc. Des Ă©tudes de cas estiment la valeur de ces services de protection entre quelques dizaines dâeuros Ă plusieurs milliers dâeuros par hectare et par an selon les sites, les mĂ©thodes et les installations humaines considĂ©rĂ©es.
Dimension rĂ©crĂ©ative et paysagĂšre : les forĂȘts offrent des lieux de loisir (randonnĂ©e, chasse, cueillette, tourisme vert). Ce service culturel est majeur : les Français se rendent en forĂȘt en moyenne 9 fois par an. Outre le bien-ĂȘtre apportĂ©, ces activitĂ©s stimulent lâĂ©conomie locale (tourisme, sport nature).
Ces servies nâauraient-ils aucune valeur Ă©conomique ?
3. La bascule actuelle : vers une monétisation des services
Depuis quelques années, les lignes bougent.
Les crĂ©dits carbone forestiers explosent sur le marchĂ© volontaire : en France, le Label Bas-Carbone a certifiĂ© plus de 1 600 projets reprĂ©sentant 6,4 millions de tonnes de COâ en 2024, financĂ©s par des entreprises qui veulent compenser localement leurs Ă©missions.
ConcrĂštement, cela signifie par exemple quâun industriel peut financer la replantation dâune forĂȘt ravagĂ©e par les scolytes dans lâEst de la France et afficher des crĂ©dits carbone dans son reporting climat.
Ce nâest pas la panacĂ©e, mais câest toujours ça que les actionnaires nâauront pas.
CĂŽtĂ© rĂ©glementaire, lâUE envisage dâintĂ©grer davantage les puits forestiers dans ses objectifs climatiques, ce qui pourrait ouvrir la porte Ă une valorisation massive dâici 2030.
Les Paiements pour Services Environnementaux (soit lâaction de favoriser un service Ă©cosystĂ©mique -exemple une gestion forestiĂšre particuliĂšre) se multiplient Ă©galement : certaines agences de lâeau rĂ©munĂšrent dĂ©jĂ des forĂȘts de montagne qui protĂšgent des captages stratĂ©giques, et plusieurs collectivitĂ©s financent lâentretien de forĂȘts de protection contre les avalanches.
Un exemple concret : le dispositif SylvâACCTES en Auvergne-RhĂŽne-Alpes, qui a dĂ©jĂ soutenu plusieurs centaines dâhectares en transition vers des essences plus diversifiĂ©es et plus rĂ©silientes, rĂ©munĂšre directement les propriĂ©taires pour les services rendus Ă la collectivitĂ©.
Mais tout nâest pas rĂ©glĂ© : certains crĂ©dits carbone ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©s comme des âcrĂ©dits fantĂŽmesâ, la permanence du stockage est menacĂ©e par les incendies de grande ampleur comme en Gironde en 2022, et la biodiversitĂ© reste difficile Ă standardiser en unitĂ©s monnayables.
Le risque de greenwashing plane si la finance oublie que la nature nâest pas une ligne comptable comme les autres.
4. OpportunitĂ©s pour lâinvestisseur responsable
Pour investir en forĂȘt, il y a de nombreuses possibilitĂ©s, accessibles Ă toutes les bourses :
Les investissements directs via lâachat de parcelles de forĂȘts pour les plus passionnĂ©-es qui sâimpliqueront ou dĂ©lĂ©gueront la gestion forestiĂšre. Ici les sites de petites annonces ou plus spĂ©cialisĂ©s comme propriĂ©tĂ©s rurales.
Les Groupements Forestiers dâInvestissement, qui mutualisent la gestion, les massifs et pour certains assurent une sylviculture proche de la nature, tout en permettant aux Ă©pargnants de bĂ©nĂ©ficier des avantages fiscaux.
Les fonciĂšres spĂ©cialisĂ©es comme Cerf Vert, qui achĂštent, gĂšrent et valorisent des forĂȘts en monĂ©tisant Ă la fois le bois, le carbone et parfois la biodiversitĂ©.
Conclusion
La forĂȘt, câest Ă la fois un actif concret â un sol, des arbres, du bois â et un actif immatĂ©riel, fait de carbone, dâeau, de biodiversitĂ© et de bien-ĂȘtre collectif.
Si ce sujet de la gestion forestiĂšre et de la valorisation des services Ă©cosystĂ©miques vous intĂ©ressent, on sâen parle au webinar du 14 octobre đ
Comme sur de nombreux autres sujets de la transition, je trouve ça hyper intĂ©ressant quâon commence Ă valoriser les services rendus Ă la collectivitĂ© par une bonne gestion forestiĂšre.
Surtout quand on voit le chemin de croix de lâagriculture bio qui peine Ă sâimposer, alors que la valeur rendue Ă notre sociĂ©tĂ© est largement supĂ©rieure.
Un point de bascule de nos modÚles économiques ?
Affaire Ă suivre
On se retrouve dans deux semaines pour une prochaine édition.
PS 1: Si tu souhaites ĂȘtre accompagnĂ©(e) dans tes investissements, rĂ©serve une consultation ici
PS 2 : Toutes les éditions précédentes sont dispos ici.
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GaĂ«l đł
â ïž Et pour finir : Je voudrais te rappeler quâici tu ne trouveras pas de conseils dâinvestissement ni de recommandations personnalisĂ©es. Ces informations sont impersonnelles, uniquement Ă but informatif et pĂ©dagogique et ne sont pas adaptĂ©es aux besoins dâinvestissement dâune personne spĂ©cifique.Tu dois aussi garder en tĂȘte quâinvestir dans des actifs cotĂ©s ou non cotĂ©s comporte un risque de perte partielle ou totale des montants investis ainsi quâun risque dâilliquiditĂ©.Et enfin, le traitement fiscal dâun investissement dĂ©pend de la situation individuelle de chacun. Souviens-toi que les performances passĂ©es ne prĂ©jugent pas des performances futures.

